13/02/2013

l'haplogroupe X

l'haplogroupe X

 

En génétique, l'haplogroupe X désigne un haplogroupe de l'ADN mitochondrial (ADNmt) humain. En paléodémographie, il est notamment susceptible d'étayer la parenté de certaines populations paléoaméricaines avec l'Europe du paléolithique supérieur.

La séquence de l'haplogroupe X aurait initialement divergé de l'haplogroupe N puis se serait scindé en sous-groupes X1 et X2 il y a entre 30 000 ans et 20 000 ans.

L'haplogroupe X dans son ensemble représente environ 2 % de la population d'Europe, du Proche-Orient et d'Afrique du Nord. Dans le détail, le sous-groupe X1 est assez discret, limité à l'Afrique du Nord et de l'Est, ainsi qu'au Proche-Orient. Le sous-groupe X2 en revanche est bien mieux représenté et semble avoir connu une grande dispersion démographique aux alentours du dernier maximum glaciaire, ou peu après, il y a environ 21 000 ans. Il est particulièrement présent au Proche-Orient, dans le Caucase et en Europe méditerranéenne, un peu moins dans le reste de l'Europe. Des concentrations particulières ont été identifiées au niveau de la Géorgie (8 % de la population), les Orcades (en Écosse, 7 % de la population), et chez les Druzes d'Israël (26 % sans doute en raison d'un effet fondateur).

Cas du continent américain :

Le sous-groupe X2, spécifiquement européen et a priori absent de la majeure partie de l'Asie continentale, se retrouve également parmi les cinq haplogroupes majeurs des populations indigènes d'Amérique. Bien que sa prévalence n'excède pas 3 % sur l'ensemble de ces populations, c'est l'un des principaux haplogroupes de la partie septentrionale de l'Amérique du Nord, où il représente près du quart des types d'ADNmt des Algonquins. On le rencontre à un degré moindre à l'ouest et au sud de cette zone, chez les Sioux (15 %), les Nootkas (11 % à 13 %), les Navajos (7 %) et les Yakama (5 %). On le trouve également bien représenté chez les Yanomami (plus de 10 %). À un niveau plus fin encore, la variante du sous-groupe X2 présente en Amérique, appelée X2a, se révèle aussi distante des autres variantes de ce sous-groupe entre elles, appelées X2b à X2f et présentes dans l'Ancien monde, ce qui ferait remonter l'origine commune des populations concernées avant 20 000 ans avant le présent.

Théorie d'une composante solutréenne des Paléoaméricains :

Cette constatation a été portée au crédit de la théorie d'une composante solutréenne dans les populations paléoaméricaines émise à la suite de la découverte du site de Clovis, dans le Nouveau-Mexique, révélant notamment une industrie lithique évoquant celle des Solutréens, en Espagne et dans le sud-ouest de la France entre 22 000 et 17 000 ans avant le présent.

Génome mitochondrial humain :

Chez l'homme : Le génome mitochondrial humain est circulaire.
Il comporte 37 gènes, lesquels codent 13 protéines, 22 ARN de transfert et 2 ARN ribosomiques. Les gènes sont disposés les uns à la suite des autres, et ne sont séparés que par de courtes régions non codantes. Les gènes codant des protéines sont séparés les uns des autres par des gènes codant des ARN de transfert. Une région de régulation de 600pb comporte les origines de transcription et une origine de réplication.

 

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Le premier peuplement de l'Amérique

Le premier peuplement de l'Amérique

 

Le premier peuplement de l'Amérique fait l'objet de débats au sein de la communauté scientifique. Ces débats entre archéologues et anthropologues portent sur l'origine des Paléoaméricains ainsi que sur la date, les modalités et les raisons de leur arrivée en Amérique. Les techniques biochimiques modernes ainsi que des recherches archéologiques de plus en plus minutieuses ont permis de faire avancer les connaissances sur le sujet. La compréhension actuelle des migrations vers et à travers le continent américain repose sur des avancées dans quatre disciplines complémentaires : l'archéologie, l'anthropologie physique, les analyses génétiques et la linguistique.

De nos jours des éléments permettent de dater la présence humaine aux environs de - 55 000 ans avant notre ère. Ceci dit, l'évolution des théories de peuplement n'a pas encore pris en compte ces dernières données scientifiques. Il est généralement admis aujourd'hui que l'Amérique a été peuplée depuis l'Asie par des groupes ayant migré à travers la Béringie. Toutefois les modalités de la migration, sa chronologie et le lieu d'origine en Asie des migrants demeurent discutés. Les données archéologiques indiquent que le premier peuplement conséquent de l'Amérique a eu lieu à la fin de la Dernière Glaciation, plus précisément lors du Dernier Maximum Glaciaire, entre 16 500 et 13 000 ans BP. Pendant longtemps, la culture Clovis (environ 13 000 ans BP) a été considérée comme la première culture américaine. Des témoignages de plus en plus probants d'occupations antérieures sont publiés : le site de Debra L. Friedkin a ainsi livré une industrie lithique datant de 15 500 ans BP. Certains auteurs font reculer le premier peuplement de l'Amérique à des dates beaucoup plus anciennes, mais ils s'appuient sur des données faisant l'objet de nombreuses critiques au sein de la communauté scientifique.

Modèle Clovis :

Le site archéologique de Clovis est l'un des plus connus des États-Unis. Il se trouve dans l'État du Nouveau-Mexique au sud-ouest du pays. Il s'agit d'un site archéologique au sein duquel ont été retrouvés en 1932 des outils préhistoriques vieux d'environ 11 500–13 500 ans. Les premières fouilles ont mis au jour une pointe à enlèvement flûté. À l'époque, la découverte fit grand bruit car cette flèche était inhabituelle. Grâce au squelette d'un mammouth qui se trouvait au même endroit, on a pu dater l'objet de façon relativement précise.

Dans les années qui suivirent, les archéologues ont retrouvé des milliers de ces silex en Amérique du Nord et jusqu'au Costa Rica, dans toutes sortes de milieux naturels. Ils étaient produits selon les mêmes techniques. Les scientifiques ont également montré que tous les animaux géants d'Amérique (mammouths, tatous géants ou glyptodon, paresseux géants, tigres aux dents de sabre, camélidés et équidés) avaient soudainement disparu. On en a conclu qu'un peuple venu d'ailleurs avait apporté avec lui une arme redoutable : la pointe de Clovis.

On a longtemps considéré que les porteurs de la culture Clovis étaient venus d'Asie par l'isthme de Béring exondé pendant les glaciations, et que cette culture était la plus ancienne du continent américain. Cette grande migration depuis la Sibérie, donnant naissance au premier peuplement américain, était expliquée par la théorie dite de Clovis, selon laquelle, l'Homme aurait traversé la Béringie (détroit de Béring) vers 14 000 ans. Il serait arrivé en Amérique du Nord vers 13 500 ans, date correspondant aux vestiges lithiques trouvés sur le site de Clovis aux États-Unis. Ensuite, les groupes humains migrèrent par vagues successives vers l'Amérique du Sud. De plus ces humains étaient, logiquement, les ancêtres des Amérindiens d'aujourd'hui de type mongoloïde au crâne brachycéphale. Jusque dans les années 1980, cette hypothèse était la mieux concordante avec les faits découverts et décrits auparavant.

Les controverses débutèrent à propos de la découverte du site de Lewisville, au Texas en 1957. Là furent mis au jour les squelettes de nombreux animaux, dont certaines espèces aujourd'hui disparues (mammouths, glyptodons, camélidés, équidés, cerfs, ours, etc.) et des pointes de lances du type Clovis. Mais tous ces ossements et artefacts furent datés par le carbone 14 de 38 000 ans. Cette date fut rejetée par les historiens de l'époque, d'autant plus que les pointes de lances étaient considérées comme de type Clovis. D'autres expertises de datation effectuées en 1963 confirmèrent la date avancée antérieurement. Enfin, en 1978 puis en 1980, Dennis Stanford de la Smithsonian Institution aidé de deux ingénieurs de l'Armée américaine mirent en parallèle la date de 37 000–38 000 ans et l'occupation humaine du site jusqu'à la période de 12 000 ans. Le site de Old Crow dans le Yukon proche de la Béringie, a livré des artefacts datés de 25 000 ans.

Si les ancêtres des Amérindiens (d'origine mongoloïde) arrivèrent en Amérique vers 13 500 ans, d'autres populations, d'origines peut-être plus diverses, ont pu arriver avant eux. Certains auteurs ont ainsi émis l'hypothèse selon laquelle les artefacts jusqu'ici considérés comme liés à la culture Clovis pourraient en fait être solutréens. À peine émises, ces suppositions furent instrumentalisées par les média, dans le contexte des revendications politiques et historiques des Amérindiens et des opposants à ces revendications (parmi lesquels les ultra-nationalistes blancs).

Théorie d'un peuplement solutréen :

Elle a été avancée par deux chercheurs du Smithsonian Institute, Dennis Stanford et Bruce Bradley (en). Les Solutréens vivaient à 5 000 km de l'Amérique du Nord entre 22 000 et 17 000 BP (Paléolithique supérieur). Les sites solutréens se concentrent essentiellement dans le sud-ouest de la France. Les spécialistes leur reconnaissent une grande habileté : ils inventèrent le traitement thermique pour la fabrication des outils en silex ainsi que l'aiguille à chas.

En enquêtant en Sibérie et en Alaska, Dennis Stanford trouva des outils préhistoriques très différents de ceux de Clovis (microlames montées sur des os et non des bifaces). Il démontra en observant les techniques des Inuits, que le voyage entre l'Europe et l'Amérique était possible il y a 16 000 ans. Pour traverser l'Atlantique, les Solutréens ont pu utiliser les mêmes techniques que les Inuits : en naviguant sur de petits bateaux près de la banquise (qui descendait bien plus au sud qu'aujourd'hui), ils pouvaient se protéger sous leurs canots en cas de tempête. On peut imaginer que le voyage devait être plus facile en été : les Solutréens auraient suivi les icebergs. Ils trouvaient leur nourriture en pêchant ou en chassant sur la banquise à l'aide de leur outillage perfectionné. Pour Dennis Stanford, le voyage devait être pénible mais pas impossible : on sait que des Inuits préhistoriques voyageaient couramment entre l'Alaska et le Groenland en bateau, en passant par le Haut-Arctique. Quant à Bruce Bradley, il a étudié les similitudes de technique entre les Solutréens et les hommes de Clovis : ils utilisaient de gros éclats pour fabriquer leurs pointes.

Les Amérindiens auraient donc des ancêtres européens.

Cette théorie reste cependant très controversée, du fait de la difficulté que représente la traversée de l'Atlantique au Paléolithique supérieur, des nombreuses différences entre les deux sites (comme l'absence d'art pariétal chez les Clovisiens), et aussi parce que les similitudes peuvent s'expliquer par les nécessités mécaniques de la taille du silex et la logique de l'amélioration de cette taille avec le temps, sans qu'il soit nécessaire de faire appel à des migrations (l'agriculture est bien apparue indépendamment sur plusieurs continents, et a donné des civilisations qui s'ignorèrent totalement jusqu'en 1492).

Les arguments basés sur les similitudes entre outils de pierre des sites Clovis et du Solutréen ont également été contestés. Le Solutréen est l'un des faciès du Paléolithique supérieur européen, présent dans le Sud-Ouest de la France et en Espagne. Il est notamment connu pour avoir livré des pointes foliacées bifaciales très fines, nommées « feuilles de laurier », présentant des analogies morphologiques avec les pointes retrouvées dans les sites Clovis. Les tenants d'une migration des groupes solutréens vers l'Amérique perdent toutefois de vue que plus de 5 000 ans séparent les dernières expressions du Solutréen en Europe des premières pointes Clovis et que plusieurs milliers de kilomètres d'océan séparent les deux aires géographiques considérées. La production de pointes foliacées bifaciales est connue dans de nombreux contextes géographiques (Australie, Afrique du Sud) et chronologiques (Middle Stone Age, Paléolithique moyen final) et une convergence morpho-technique est probable entre armements solutréens et Clovis.

La recherche archéologique et les directives fédérales NAGPRA :

En 1990 fut votée une loi fédérale américaine, le Native American Graves Protection and Repatriation Act (NAGPRA), en français « loi sur la protection et le rapatriement des tombes des premiers Américains ». Cette loi exige que les biens culturels amérindiens soient rendus aux premiers peuples quand ces biens ont été déterrés. Cette loi autorise néanmoins les équipes d'archéologues à analyser les découvertes mais très rapidement en raison d'un délai de temps très court. Par biens culturels, la loi indique les restes humains, les objets funéraires et sacrés, et tout objet et artefact du patrimoine amérindien.

Bien que cette loi fédérale fût rendue nécessaire pour mettre un terme aux pillages de sites historiques, les archéologues et chercheurs américains accusent, néanmoins, cette loi NAGPRA de restreindre gravement la recherche archéologique sur les origines des premiers habitants des États-Unis. En outre, il est difficile, sinon fallacieux, de relier un squelette d'il y a plusieurs dizaines de milliers d'années à un peuple actuel.

Le cas de l'homme de Kennewick est symptomatique : les tribus amérindiennes demandaient le retour dans leur terre respective de ce squelette dont l'étude a révélé une origine caucasienne ou europoïde et non mongoloïde et amérindienne. Cette loi permettrait ainsi aux populations amérindiennes de freiner l'évolution actuelle de la recherche sur les découvertes de plus en plus nombreuses de squelettes paléoaméricains de types europoïde ou australoïde, en exigeant, comme la loi NAGPRA le permet, le réenterrement rapide de tous ces ossements qui révolutionnent depuis une vingtaine d'années l'histoire des premiers peuplements de l'Amérique.

 

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Les Solutréens

Les Solutréens

 

Le Solutréen est l'une des dernières phases du Paléolithique supérieur. Son nom a été créé par G. de Mortillet à partir du site préhistorique situé au pied de la Roche de Solutré, près de Mâcon (Saône-et-Loire), et découvert et étudié en 1866 par Henry Testot-Ferry et Adrien Arcelin.

Les dates disponibles pour le Solutréen sont comprises entre environ 22 000 et 17 000 ans BP, soit une période extrêmement froide et sèche de la Dernière Glaciation, appelée Dernier Maximum Glaciaire. Les sites solutréens sont d’ailleurs essentiellement connus dans le Sud-Ouest de la France (Laugerie-Haute ouest, Laussel, Combe-Capelle en Dordogne, Le Placard, Roc-de-Sers en Charente, Isturitz dans les Pyrénées-Atlantiques, Brassempouy dans les Landes) mais aussi dans la vallée du Rhône (grotte Chabot, Baume d'Oullins en Ardèche, Grotte de la Salpêtrière dans le Gard), au Portugal et aussi en Espagne (Parpallo, Cueva de Ambrosio), le climat dans le Nord étant trop rigoureux pour que l’Homme pût y survivre. Les ossements animaux découverts dans les sites solutréens sont ceux de chevaux, rennes, mammouths, lions des cavernes, rhinocéros, ours et aurochs.

Les hommes du Solutréen ont fait preuve d’une grande maîtrise des techniques de taille et en particulier du façonnage de pièces bifaciales très fines au percuteur tendre. La finition des outils en silex était assurée par la technique de la retouche couvrante par pression : les éclats de retouche ne sont pas détachés en percutant le silex mais en pressant très fortement son bord avec un outil en os, ce qui autorise une plus grande précision et une plus grande finesse du résultat. Dans certain cas, les silex étaient intentionnellement chauffés avant d’être retouchés afin d’améliorer leurs propriétés mécaniques.

Ces techniques ont permis la confection de différents outils : pointes à face plane au Solutréen ancien, pièces bifaciales d’une grande finesse, appelées « feuilles de laurier » au Solutréen moyen, « feuilles de saule » et pointes à cran au Solutréen final. Le reste de l’outillage correspond au fond commun du Paléolithique supérieur : grattoirs, burins, perçoirs, lamelles à dos.

Les matières dures animales (os, bois de rennes) sont également couramment utilisées au Solutréen (lissoirs, percuteurs, armatures de sagaies, etc.). Deux inventions majeures apparaissent à la fin du Solutréen, l’aiguille à chas et le propulseur.

Art solutréen :

L’art pariétal solutréen est connu notamment par la frise sculptée du Roc-de-Sers et une partie des peintures de la Grotte Cosquer. L’art rupestre de la Vallée du Coâ au Portugal est également rattaché au Solutréen.

Une analyse C14 pour la Lascaux, sur des déblais du Puits, tendrait à vieillir les trois datations précédentes (17 000 BP), avec un âge situé à 18900 BP, à la charnière du Solutréen supérieur et du Badegoulien. Mais les méthodes de mesure étaient différentes et surtout il n'y a aucun objet solutréen dans l'unique couche archéologique, mais uniquement de très nombreux objets du Magdalénien.

Hypothèse de diffusion :

Récemment, deux archéologues anglo-saxons ont trouvé des similitudes entre l’industrie solutréenne et les outils tardifs du site de Clovis (Nouveau-Mexique, États-Unis). Ils ont alors suggéré que les solutréens avaient traversé l’Océan Atlantique durant l'époque glaciaire en longeant ses rivages glacés par cabotage, à l’aide de techniques de survie similaires à celles du peuple inuit actuel. Des recherches sur l'ADN mitochondrial de type « haplogroupe X » présent en Europe et chez certains peuples d'amérindiens indiqueraient la présence d'une lignée européenne ; de plus, les ressemblances trouvées par certains linguistes entre le basque, langue pré-indoeuropéenne, et l'algonquin iraient dans le sens de cette thèse. Toutefois, cette hypothèse reste très controversée et différents auteurs considèrent que les similitudes entre pièces bifaciales solutréennes et amérindiennes résultent de convergences morphologiques et techniques.

 

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