15/10/2010

Les Attikameks

Les Attikameks

 

Les Attikameks en français ou Nehiraw-iriniw en atikamekw sont les autochtones de l'aire qu'ils appellent eux-mêmes Nitaskinan (littéralement "notre terre", aski voulant dire terre), dans la partie supérieure de la vallée de la rivière Saint-Maurice (Québec). Le nom Attikamek désigne dans leur langue le Grand corégone (ou poisson blanc). La langue atikamekw, qui est un dialecte cris, langue qui appartient à la famille de langue algonquienne, est toujours utilisée quotidiennement.


Ce territoire se situe dans les régions de Lanaudière, de la Mauricie et du Centre-du-Québec, entre les territoires innu, algonquin et cris.

Traditionnellement, ils pratiquent la pêche, la chasse et la cueillette. Ils auraient été les découvreurs du sirop d'érable. Les Atikamekw ont des liens traditionnels avec le peuple Innu, qui était leur allié historique contre les Inuit.

En 2001, leur population était estimée à 5 400 individus. Les Attikameks possèdent quatre réserves : Obedjiwan, Wemotaci, Manawan et Coucoucache (inhabitée et gérée par Wemotaci). On trouve des minorités à Roberval et La Tuque.

Le territoire ancestral atikamekw est divisé en territoires familiaux. Dans la tradition atikamekw, chaque famille avait son propre territoire et en tirait sa subsistance. La superficie de ces territoires variait. Le premier à avoir cartographié ces territoires fut D.S. Davidson en 1928. Le système des territoires familiaux est encore utilisé pour la pratique des activités traditionnelles et de subsistance, malgré l'intensification de la foresterie industrielle et l'augmentation de la pression de chasse et de pêche venant des touristes. Les lacs y sont aussi souvent pollués par le mercure ce qui nuit à la consommation des poissons. Il s’y fait également une chasse intensive du canard, de l’orignal, de la perdrix… en toute saison. Depuis 1978, les Atikamekw sont en négociation avec les gouvernement du Canada et du Québec afin d'en arriver à une entente concernant leurs revendications globales. Le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) est un conseil tribal représentant les trois communautés atikamekw.

1.Conseil des Atikamekw de Wemotaci (Wemotaci / Coucoucache)
2.Les Atikamekw de Manawan(Manawan)
3.Attikamekw d’Opitciwan (Obedjiwan)

Wemotaci :
Wemotaci signifie « La montagne d’où l’on observe ». Wemotaci était le lieu où les Atikamekw se retrouvaient durant la saison estivale. L’automne, ils allaient sur leurs territoires de chasse respectifs. Ce village se trouve entre ses deux voisins atikamekw qui sont Manawan (92 km au sud) et Opitciwan (140 km au nord). Le village indien de Wemotaci se situe en Haute-Mauricie, dans le comté de Laviolette, à 115 kilomètres au nord-ouest de La Tuque. Cette communauté s’étend le long de la rive du Saint-Maurice près de l’embouchure de la rivière Manouane. Son territoire est d’environ 34 kilomètres carrés. Wemotaci est formé, tout autour, de collines en une espèce d’amphithéâtre au creux duquel on trouve beaucoup de lacs, de rivières et d’îles. De l’autre côté de la rivière se trouve le village de Sanmaur. Autrefois, le village n’était pas accessible par l’automobile. En 1995, la construction d'un pont et d'une route forestière fut entrepris. La population de Wemotaci est composée aujourd’hui de 1500 personnes dont 1300 vivent dans la communauté. La majorité de la population est très jeune, 60% a moins de 35 ans. Les autres résident à l’extérieur comme à Shawinigan, Trois-Rivières, La Tuque et Québec. Certains étudient dans des CEGEP ou universités hors du territoire. Depuis 1974, l’électricité est présente au village avec l’aménagement des génératrices actuelles. Il y a un projet de construction (en construction) de barrages aux environs (Chute Allard et Rapide-des-cœurs). La communauté sera connectée au réseau provincial en 2008.

Manawan :
Manawan est située à 140 kilomètres (à vol d’oiseau) à l’ouest de La Tuque et à 72 kilomètres (à vol d’oiseau) de Saint-Michel-des-Saints sur la rive sud du Lac Métabeska, dans la région de Lanaudière. Sa superficie est de 797,26 hectares et elle compte environ 1496 habitants. Tout comme les noms des autres communautés, le mot « manawan » a une significatiton, il veut dire : « là où l’on trouve des œufs ». Depuis le 29 août 1906, Manawan devint officiellement une réserve, le milieu économique a beaucoup évolué. Il existe maintenant des commerces et des industries dans l’alimentation, l’art et l’artisanat, la foresterie, le piégeage, la poste, la location de films, la machinerie, la pourvoirie, le plein air et le transport général. En 1850, la population du territoire de Manawan s’établit au bord du Lac Métabeska car il s’y trouvait un poste de traite pour le commerce de la fourrure et une compagnie forestière. Les hommes atikamekw commencèrent à travailler dans ce genre de métiers tandis que les femmes restaient à la maison pour s’occuper des enfants. C’est donc depuis cette date que cette partie de leur territoire est occupée. Aujourd’hui, la réserve de Manawan est divisée en deux parties : il y a une partie qui compte les services principaux comme le magasin ou la station-service et l’autre qui ne comporte que des maisons et l’école secondaire. Cette partie est située un peu plus haut que la partie principale.

Les arts traditionnels :
Les Atikamekw fabriquaient de leurs propres mains des paniers d’écorce de toutes les formes dont ils se servaient pour mettre leurs aliments. Ce serait eux qui auraient découvert le sirop d’érable qu’ils mettaient dans ce genre de paniers. Ils étaient faits avec des racines et de l’écorce de bouleau. Aux mille et un usages, ils se servaient également de ce matériau pour fabriquer les légendaires canots, légers et profilés. Durant les hivers rigoureux, les femmes étaient expertes dans la confections des mitaines, des manteaux et des mocassins en peau d’orignal. C’est en observant la perdrix, un des rares oiseaux à marcher sur la neige, que les Amérindiens ont eu l’idée de fabriquer des raquettes qui leur permettaient ainsi d’en faire autant. Elles étaient faites de babiche de caribou ou d’orignal, et de bouleau. Tout était utile pour les Amérindiens. Aujourd’hui, on en fabrique également pour la vente.

L’histoire des Attikamek :
Les écrits commencent à parler des Attikamek au début du XVIIe siècle, alors qu’ils vivaient en Haute-Mauricie dans la forêt boréale. Ils devaient former un groupe de 500 à 600 personnes. Mais les massacres systématiques effectués par les Iroquois au milieu du XVIIe siècles, ajoutés aux épidémies apportées par les Européens, les ont pratiquement éliminés du Haut Saint-Maurice.

Le territoire laissé en bonne partie vacant a été par la suite occupé au fil du temps par les Têtes de Boule, un peuple Crie vivant dans le Sud-Est de la Baie James et en Abitibi. Le nom de Tête de boule a aujourd'hui été abandonné pour celui d'Attikamek.

Les saisons et la division de l'année :
Chez les Atikamekw, l’année est divisée en six. Dans chaque saison, il y a une activité principale. L’ordre des saisons commence par Sikon qui est une sorte de pré-printemps et, dans cette saison, les Atikamekw fabriquent des paniers d’écorce qui peuvent contenir l’eau d’érable cueilli dans cette période de l’année. Celle qui vient ensuite, c’est Miroskamin, équivalente au printemps. Dans cette saison, les Atikamekw vont pêcher et chasser des perdrix. Ensuite, la saison qui suit dans l’ordre, c’est Nipin qui est comme l’été et on y fait la même chose qu’à la saison précédente. C’est durant l’automne, ou Takwakin, que commence la chasse à l’orignal. On enlève alors la peau de l’orignal avec soin, les abats sont apprêtés et consommés immédiatement et la viande est fumée afin d’être conservée. C’est durant le début de l’hiver, ou Pitcipipon, qu’ils s’en vont trapper des castors et que les femmes font des manteaux avec leurs fourrures. Durant l’hiver, ou Pipon, ils pêchent sous la glace avec des filets fabriqués par des hommes et où d’autres fabriquent des paires de raquettes. Les femmes enlèvent le poil des peaux d’orignal, puis elles les lavent, les grattent, les découpent en babiche pour tresser les raquettes.

L’année, chez autochtones modernes, est également divisée en 12 mois. Par contre, les anciens atikamekw les ont traduits en leur langue. Le début de chaque mois est le même que dans le calendrier que l’on connaît aujourd’hui. Chez les atikamekw, les mois de l’année sont étalés comme suit :

→ Janvier est dit « Kenositc Pisim » car c’est le mois le plus long
→ Février « Akokatcic Pisim » car c’était le mois ou tous les siffleux sortent
→ Mars « Nikikw Pisim » c’est le mois de la loutre
→ Avril « Ka Wasikatotc Pisim » le mois ou la lune se reflète sur la glace
→ Mai « Wapikon Pisim » le mois de la floraison
→ Juin « Otehimin Pisim » le mois des fraises
→ Juillet « Mikomin Pisim » le mois des framboises
→ Août « Otatokon Pisim » le mois où les jeunes oiseaux apprennent a voler
→ Septembre « Kakone Pisim »car c’est le mois ou le porc-épic se reproduit
→ Octobre « Namekosa Pisim » le mois où la truite fraie
→ Novembre « Atikamekw Pisim » le mois ou la corrégone (poisson blanc = atikamekw) fraie
→ Décembre « Pitcipipon Pisim » le mois des temps longs.
Pour la transformation de ces mois, les anciens examinèrent les activités qui se reproduisaient année après année lors des mois qui passaient. C’est ainsi que furent adaptés les noms des mois et des saisons afin de correspondre à la réalité propre à la culture atikamekw. Ceux-ci sont toujours en usage dans ces communautés.

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18:11 Écrit par baton paroles dans général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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